Apaiser la relation à soi : cultiver bienveillance et sérénité intérieure – Février 2026

Afin de poursuivre sur le thème de l’auto-bienveillance, je vous propose, maintenant, d’évoquer la relation à soi-même ; relation qui n’est pas toujours des plus « tendres ». Aussi sera-t-il question d’apaiser la relation à soi.

En effet, il arrive parfois que nous développions, inconsciemment, des mécanismes de rigidité intérieure qui peuvent nous brider voire nous fragiliser et ce, malgré nous.

Parmi ces mécanismes, il y a notamment celui qui consiste à ajuster ses pensées, ses comportements ou ses actions uniquement en fonction du regard d’autrui. Agir ainsi consiste à aller chercher une validation de soi-même extérieure et ce souvent par peur du jugement ou par besoin de se sentir reconnu et accepté. Malheureusement, cette recherche de validation à tout prix, peut finir par rendre dépendant de l’approbation extérieure incontrôlable et inhiber le déploiement du potentiel individuel. Ce qui est dommage…

Aussi est-il nécessaire d’apprendre à se reconnaître et à s’accepter, même et surtout, dans ses imperfections et ses vulnérabilités. Le principe est de développer une relation à soi plus douce et plus compréhensive sans toutefois tomber dans la complaisance.

Ainsi, je vous propose, au travers de cet article, d’explorer les solutions pour développer un appui intérieur plus solide. Un appui qui sera moins soumis aux fluctuations du regard et du jugement et plus enraciné dans une relation apaisée avec soi-même.

Dans cet objectif, commençons par évoquer une facette de nous-même parfois peu bienveillante à notre égard si nous lui accordons trop d’espace.

Le potentiel coût émotionnel d’une sur-écoute de notre critique intérieur apaiser la relation à soi

Parmi les nombreuses facettes dont nous sommes porteurs, il y a une facette « critique », celle que j’appelle « le diablotin intérieur ».  

Cette facette facétieuse s’exprime au travers d’une petite voix intérieure souvent exigeante.

Une petite voix parfois discordante qui :

  • juge,
  • compare,
  • reproche,
  • souligne tout ce qu’elle juge insuffisant,
  • anticipe l’échec
  • critique insidieusement.

Bien sûr, certains sont plus sensibles que d’autres à la mélodie de cette petite voix intérieure. Certains sont aussi plus « généreux » dans l’espace qu’ils lui octroient dans leur vie.

La difficulté est que, sous couvert de sembler encourager à faire mieux, elle pousse parfois son auditeur attentionné à développer un comportement perfectionniste qui épuise et tétanise même, de temps à autre.

Au-delà des éventuels blocages instantanés qu’elle peut susciter, si cette voix trouve trop d’écho, elle a également des impacts à long terme.

En effet, il se peut qu’elle :

Et dans ces conditions, le coût émotionnel lié au fait de laisser trop de place à l’expression de cette petite voix intérieure devient alors évident.

Alors quelle est la juste mesure au regard de cette facette de nous-mêmes ?

Faut-il la faire taire totalement ou faut-il plutôt lui fixer des limites ?

Comme chacune de nos facettes constitutives, celle-ci a joué un rôle important dans notre développement.

Elle nous a permis :

  • de nous construire,
  • d’apprendre à nous protéger
  • de progresser.

Il est donc important de la voir comme une alliée sous ses aspects positifs.

En revanche, il est fondamental de savoir négocier avec elle lorsqu’elle devient trop intransigeante dans notre vie quotidienne. Comme en toute chose, la mesure est importante. Alors, en tant qu’adultes, sans chercher à la faire taire, choisissons de mettre des limites raisonnables à ce que nous acceptons de retenir de ce qu’elle exprime afin de relâcher la pression intérieure.

Après avoir pacifié notre relation à cette facette de nous-mêmes, j’évoquerai maintenant une autre source de pression intérieure : celle du contrôleLe contrôle : cette attitude qui consiste à tout verrouiller pour se protéger.

Le contrôle comme stratégie de protection

Je le constate fréquemment, le besoin de contrôle (en toutes situations et en toutes circonstances) est très répandu. apaiser la relation à soi

Pourquoi ? Parce qu’il est une façon de se rassurer face à l’incertitude.

Comment s’exprime ce contrôle vis-à-vis de soi ?

Selon les cas, il passe souvent par :

  • une anticipation permanente de tout ce qui pourrait advenir
  • une organisation rigide et prévue dans le moindre détail
  • un besoin de tout faire soi-même
  • un besoin de vérifier maintes et maintes fois une chose que l’on a faite (ex : un mail que l’on vient d’écrire, un dossier que l’on a constitué…)
  • une intolérance à l’erreur
  • une détestation de l’imprévu

Mais le problème n’est pas le contrôle en lui-même. Ne dit-on pas d’ailleurs « la confiance n’exclut pas le contrôle » ?

Le problème est plutôt celui de l’impact que le contrôle peut avoir en termes de pression intérieure et aussi de rigidité vis-à-vis de soi (mais aussi des autres) lorsque celui-ci devient excessif. Car si à court terme, la stratégie de contrôle semble apporter un soulagement, les impacts à long terme du comportement auto-contrôlant à outrance sont l’épuisement et les tensions physiques, l’épuisement mental et la crispation.

Aussi, pour mettre davantage de bienveillance dans le rapport à soi, je préconise de lâcher prise sur le contrôle excessif.

Il n’est bien sûr nullement question de devenir passif mais plutôt d’accepter que certaines choses nous échappent considérant que cela ne remet pas en cause notre valeur intrinsèque.

Et je vous invite à passer à l’action en répondant pour vous-même à ces quatre questions :

  • Y a-t-il des activités de votre quotidien dans lesquels vous mettez de la sur-qualité ?
  • Que cela vous apporte-t-il vraiment ?
  • Quel cela vous coûte-t-il vraiment ? NB : la réponse rien n’est pas proposée 😉
  • Sur quelle petite chose acceptez-vous de lâcher prise ?

Explorons maintenant une troisième solution pour davantage d’auto-bienveillance en évoquant le rapport à l’erreur et à l’échec.

Apprendre de ses erreurs et de ses échecs comme de ses réussites

Nombreux sont ceux qui le savent, et vous en faites très probablement partie, l’erreur et l’échec sont souvent interprétés comme des preuves d’insuffisance individuelle. 

Et pourtant, les erreurs et les échecs ne doivent être considérés que comme de l’information, tout comme les réussites.apaiser la relation à soi

Je dis souvent que la réussite et l’échec ne sont que les deux faces d’une seule et même pièce. Dans les deux cas, ils sont un résultat à un instant t.

Ainsi, les légendes disent que Monsieur Edison aurait créé 10 000 non-ampoules avant de créer l’ampoule. Si tel est le cas et qu’il avait décidé de s’arrêter aux non-ampoules et de figer sa propre valeur à ces résultats alors… bingo : nous n’aurions pas d’ampoules !

Donc, au lieu de décider de juger de sa valeur négativement à l’aune de ce qui n’a pas fonctionné, pour plus de bienveillance à l’égard de soi, choisissons plutôt d’apprendre des résultats que nous obtenons. Car juger nous enferme alors qu’apprendre ouvre de nouvelles opportunités.

Finalement, accepter son droit à l’erreur, c’est reconnaître que l’expérience humaine est faite d’essais, d’apprentissages, d’ajustements et de réorientations.
Alors je propose, suite à un échec ou à une erreur, de déplacer la question de « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » vers « Qu’est-ce que cette situation m’apprend ? »

Car ce changement subtil transforme la relation à soi.
Il s’agit alors de passer d’un « implacable tribunal intérieur» à un espace d’évolution et d’ouverture du champ des possibles.

Evoquons enfin une quatrième solution pour apporter davantage de bienveillance envers soi. Celle-ci consiste à faire évoluer la façon de se parler à soi-même.

Se parler comme à un proche apaiser la relation à soi

La façon dont nous nous parlons à nous-mêmes façonne profondément notre sécurité intérieure et notre relation à nous-même. J’ajouterais même qu’elle a un impact sur la façon dont un tiers pourrait nous parler – mais c’est un autre sujet.

Je vous invite un instant à vous imaginer parler à un proche comme vous vous parlez peut-être parfois à vous-même dans les moments difficiles.
Et dites-moi en toute honnêteté : le ton serait-il exactement le même ?

Je vous l’assure, développer une relation plus apaisée avec soi commence souvent par le fait d’adoucir le dialogue intérieur. Nous savons fort bien lorsque nous nous sommes trompés, lorsque nous avons commis une bévue, lorsque nous n’avons pas nécessairement bien agi et tant d’autres choses encore. Est-il vraiment efficace de se flageller ou vaut-il mieux regarder en face et se dire qu’on fera mieux la prochaine fois ou bien reconnaître que les choses sont difficiles en ce moment ou encore s’autoriser à avancer à son rythme… N’est-ce pas le type de choses que vous pourriez communiquer à un proche qui rencontre une difficulté ?

Si vous répondez « oui, c’est ce que je pourrais dire » alors pourquoi ne pas vous le dire à vous-même lorsque cela est nécessaire ?

Soyez-en convaincu, se parler comme on parlerait en toute bienveillance à un proche crée un climat intérieur serein favorable au changement et à la progression.

Ainsi…

Pour apaiser la relation à soi, il me paraît important d’avancer en apprenant à nuancer les comportements, les attitudes et les pensées que l’on peut parfois avoir à l’égard de soi-même. Cela passe par le fait de trouver un équilibre intérieur entre les différences facettes que nous portons en nous, d’accepter d’ajouter de la souplesse dans certaines de nos exigences, d’adoucir notre dialogue intérieur et de nous autoriser à apprendre en toutes circonstances.

Se reconnecter à soi : réapprendre à s’écouter avec bienveillance – Février 2026

Se reconnecter à soi est le premier sujet que je choisis de développer au cours du mois de février autour du thème de la bienveillance envers soi-même. 

Dans notre quotidien rythmé par les obligations, les attentes, les résultats et la performance, beaucoup ont appris — parfois très tôt et souvent malgré eux — à « se couper » de leur riche monde intérieur.

Or, dans des environnements marqués par l’incertitude, il me paraît indispensable de se remettre en lien avec ce que nous portons en nous. Cette richesse intérieure qui jamais ne nous trahit dès lors que nous la considérons comme notre alliée.

C’est la raison pour laquelle je vous propose cet article dont la principale intention est de vous inviter à rétablir un lien doux et sécurisant avec vous-même, avec vos émotions, vos besoins et aussi vos « incontournables » car ceux-ci sont des repères essentiels.

En toutes circonstances, savoir se reconnecter à soi n’est ni un luxe ni un repli sur soi. C’est plutôt une condition fondamentale pour se respecter, s’ajuster et avancer en accord avec soi-même et de manière plus juste.

Pourquoi avons-nous appris à ne plus nous écouter ?

Force est de constater que le fait de ne pas s’écouter est rarement un choix conscient mais plutôt une stratégie d’adaptation voire de sur-adaptation.

Ainsi, beaucoup d’entre nous ont-ils appris à mettre de côté leurs ressentis, que ce soit pour :

  • répondre aux attentes extérieures de tous ordres,
  • rester forts dans des contextes exigeants,
  • éviter le conflit, la déception ou encore le rejet,
  • continuer à avancer malgré des émotions difficiles…

Si, à court terme, cette mise à distance des ressentis peut procurer une illusion de protection, les impacts à long terme sont nettement moins favorables au bien-être de chacun.  En effet, cette coupure finit par provoquer comme une discordance intérieure ; discordance qui s’exprime au travers d’une fatigue émotionnelle, de manifestations somatiques, d’une perte de repères et surtout d’une impression de ne plus savoir ce qui est juste pour soi.

Ca vous parle ?

Si tel est le cas, peut-être est-il temps de vous reconnecter à vous-même afin de trouver une meilleure façon de vous protéger, sans écarter votre richesse intérieure.

Comment ?

En accusant réception des messages envoyés par votre corps, c’est-à-dire en acceptant de les ressentir, de découvrir leur intention positive – il y en a toujours une – puis d’apporter les changements nécessaires.

Ressentir ou analyser : une différence essentielle

Je le constate régulièrement, nombreux sont ceux qui pensent s’écouter alors qu’en réalité ils ne font que s’analyser. Or il existe de vraies différences entre ces deux façons d’agir.

En effet :

  • Analyser, c’est chercher à comprendre, expliquer, rationaliser.
  • Ressentir, c’est observer ce qui s’exprime dans le corps et au travers des émotions, sans chercher à corriger ou interpréter.

Certes, l’analyse peut avoir sa place. Mais lorsqu’elle occupe tout l’espace, elle peut alors devenir une manière subtile d’éviter le ressenti ; vous savez, ces choses qui « chatouillent » parfois à l’intérieur de façon plus ou moins agréable et qui ont pourtant un message à délivrer

Alors quelle est la bonne attitude ? Se reconnecter à soi

La bonne attitude est toujours marquée par le respect de soi, ce qui passe notamment par l’écoute de soi-même, de ses émotions, en toute bienveillance mais sans complaisance.

Et s’écouter avec bienveillance, c’est parfois simplement être en mesure de dire :

« Là, je ressens de la tristesse / de la tension / de la peur/ de la colère / de la joie… et j’accepte cela. Ce que je vis maintenant, c’est ce que j’ai besoin de vivre. »

Cette écoute simple et non intrusive est souvent profondément apaisante.

Le rôle essentiel des émotions comme messagers

Dans nos sociétés, le domaine des émotions est gouverné par des normes qui définissent ce qui est socialement acceptable. Et contrairement à certaines croyances relativement répandues, les émotions ne sont pas des faiblesses.

Au contraire, je les considère comme nos alliées car, comme je l’ai dit précédemment, elles sont toujours porteuses d’une intention positive à notre égard. En effet, quelle que soit l’émotion vécue, celle-ci nous adresse un message concernant :

J’explique fréquemment aux personnes que j’accompagne que les émotions ne sont pas problématiques en tant que telles. Ce qui pose problème, c’est leur intensité ; par exemple quand la colère non écoutée depuis trop longtemps se transforme en rage. Et c’est ce qui peut se produire lorsque les émotions sont ignorées.

Mettre au fond de sa poche l’émotion qui gronde n’est jamais la bonne solution à moyen et long terme. En effet, une émotion trop longtemps refoulée tend à s’amplifier et à s’exprimer à un moment souvent inopportun et de façon incontrôlée. Elle peut aussi se manifester autrement (fatigue, irritabilité, sensation de trop plein, somatisations en tous genres).

Aussi est-il important de prendre le temps de comprendre ce qui nous traverse parfois et de l’accueillir simplement. Et cela s’apprend ! L’idée n’est pas de s’y noyer mais plutôt d’ajouter de l’ouverture émotionnelle dans notre vécu, ce qui enrichit notre relation à nous-même et également aux autres.

Ayez en tête qu’une émotion reconnue circule tandis qu’une émotion ignorée s’installe pour mieux s’exprimer le moment venu. Et ce moment est rarement choisi…

Cultiver l’ouverture émotionnelle pour mieux se connaître

Cultiver l’ouverture émotionnelle, c’est se mettre à l’écoute de la richesse de son vécu intérieur. Loin de l’idée de tomber dans le « sentimentalisme » ou dans la perte de contrôle de soi, comme certains pourraient le craindre, cela permet de créer un espace de contact authentique avec soi.

En effet, s’ouvrir à son vécu émotionnel permet de prendre conscience avec lucidité et bienveillance des éléments qui représentent ce qui est important au plus profond de chacun.

Il ne s’agit pas de renoncer à sa « solidité » intérieure, mais de cesser de se durcir pour continuer à avancer dans le plein respect de soi-même.

Ainsi, dans cette ouverture, quelque chose s’apaise : la possible tension interne diminue et la relation à soi gagne en fluidité et en authenticité.

Pour conclure…

Nous l’avons vu, se reconnecter à soi en toute authenticité passe donc par quelques attentions simples mais profondes :

  • Identifier ses besoins même lorsque ceux-ci semblent flous ou inhabituels,
  • Écouter ses ressentis sans jugement et avec bienveillance,
  • Accueillir ses émotions comme des messagers légitimes,
  • Cultiver l’ouverture émotionnelle pour se reconnecter à une part précieuse de soi.

Finalement, suivre ces pistes, c’est se porter la même attention que celle que l’on offrirait à quelqu’un qui compte vraiment.

Bien-être et piège du comportement de suradaptation – Janvier 2021

Bien-être, stress, burn-out, lâcher prise, fatigue, anxiété…: des mots qui font quotidiennement la une des journaux, des mots (voire des maux pour certains) devenus usuels dans la communication.

En effet, nombreux sont celles et ceux qui font part de leur quête de bien-être. Ceci s’exprime souvent au travers d’une recherche d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ou d’une recherche de sens. Certes, ces cadres sont essentiels dans cette quête mais tout se joue-t-il directement là?

Chacun a sa propre définition du mot bien-être. Cette définition est en lien avec la recherche du respect de ses besoins personnels profonds, de ce qui est vraiment important pour soi et qui cherche à s’exprimer mais qui ne trouve pas nécessairement l’espace pour le faire, dépassé par les contraintes, les obligations, les faux besoins créés par les environnements, les injonctions parfois contradictoires vécues tout au long de la journée. Ne sommes-nous pas en partie responsables de cette situation ? Ne donnons-nous pas les autorisations à ces toutes choses qui nous enferment ? Peut-être acceptons-nous et sommes-nous entrés dans une logique de fonctionnement incohérente dans nos différents environnements, au regard de nos besoins, prisonniers de nos envies.

Besoins et envies bien-être

Les définitions du mot besoin sont nombreuses et parmi celles-ci, on retiendra :

Un besoin est « une exigence pour l’être humain ou l’animal née de la nature ou de la vie sociale » (le Robert). C’est aussi une « chose nécessaire à l’existence » (le Littré). Ou encore « ce qui est nécessaire pour assurer une existence satisfaisante à un être ou à un groupe » (dictionnaire de l’Académie Française).

D’une façon générale, les besoins sont soit innés, ceux que je qualifierais de besoins réels, soit acquis, ceux que j’identifierais comme des envies.

Les caractéristiques principales du besoin réel sont :

  • que celui-ci est vital (dans le sens essentiel à la survie) et incontournable,
  • qu’il est universel,
  • qu’il est permanent même s’il est satisfait,
  • qu’il est une forte source de motivation et d’énergie,
  • qu’il ne peut pas être nié,
  • qu’il est contraignant dans le sens où il exige d’être satisfait quel que soit le moyen employé pour y parvenir,
  • qu’il provoque de la frustration ou un déséquilibre quand il n’est pas écouté et assouvi.

Le besoin réel est en lien avec le verbe Etre.

L’envie, quant à elle, est un besoin acquis,  un « désir plus ou moins impérieux de faire ou d’avoir quelque chose. » (dictionnaire de l’Académie Française). Elle est personnelle, remplaçable et n’a rien de vital en tant que telle. Elle correspond aux nombreuses injonctions de l’Avoir, du Faire et du Paraître générées par les environnements dans lesquels nous évoluons. 🙂

Pour distinguer besoin et envie, il suffit de se poser la question : est-ce qu’une personne qui vit de l’autre côté de la terre, dans un endroit très reculé, éprouve le même sentiment que moi à l’égard de cette chose qui semble me manquer ?

Si la réponse est oui, il s’agit d’un besoin réel.

Dans le cas contraire, c’est une envie. L’envie pourra, selon les cas, être ou pas, un moyen de satisfaire un besoin plus profond mais jamais plus qu’un moyen. En tout état de cause, il y a plusieurs moyens de pouvoir satisfaire un besoin : certains seront « écologiques » (respectueux) pour la personne et d’autres pas.

Distinction faite entre le besoin et l’envie, on peut mettre autant d’énergie dans la recherche de la satisfaction de l’un ou de l’autre. Dans le premier cas, cela sera bénéfique car en cohérence avec ce que ressent émotionnellement la personne. La satisfaction de ce besoin sera source de bien-être. Dans le cas de la recherche de la satisfaction d’une simple envie, on peut tout à fait négliger ses vrais besoins et par là même aggraver le déséquilibre ressenti.

La pyramide des besoins selon Maslow

L’une des modélisations des besoins les plus connues est celle d’Abraham Maslow. Il a modélisé les besoins humains sous la forme d’une pyramide.

Selon la théorie des besoins de Maslow, la satisfaction du besoin à chaque niveau rend possible le travail à la satisfaction d’un besoin supérieur.

Les besoins physiologiques, de sécurité et d’appartenance sont des besoins primaires. Les besoins d’estime et d’accomplissement sont des besoins secondaires plus directement liés à la personne dans la réalisation d’elle-même.

A la différence du bébé et des animaux, qui eux sont uniquement dans le recherche de la satisfaction de leurs besoins innés primaires, l’homme adulte, quant à lui, est capable de mettre de côté et d’ignorer ses besoins réels profonds pour satisfaire des envies que ses environnements lui font miroiter comme indispensables.

Que ce soit pour satisfaire un besoin ou une envie, l’homme va s’adapter voire se suradapter aux exigences extérieures, éventuellement au détriment de son bien-être.

Adaptation et suradaptation

Qu’est-ce que s’adapter ?

Selon les dictionnaires, s’adapter c’est se conformer, s’accoutumer, se mettre en harmonie avec les circonstances, le milieu.

De tout temps, l’homme s’est s’adapté à ses environnements. Il s’est conformé à certaines de leurs exigences afin de pouvoir finalement satisfaire ses besoins profonds. L’adaptation est donc nécessaire et se fait en théorie selon un principe gagnant/gagnant.

Exemple : je m’adapte à mon environnement de travail car celui-ci me permet de gagner ma vie et satisfait donc mon besoin de sécurité. Dans ce cadre, l’environnement est gagnant puisque je mets mes compétences à sa disposition. De mon côté, je suis gagnant, puisque j’assure l’un de mes besoins essentiels.

Cette notion de gagnant/gagnant est primordiale. Aucune des parties ne doit être lésée dans la relation pour conserver son équilibre. Ainsi, avant de s’adapter, il est nécessaire d’avoir conscience de ses besoins profonds et d’être en mesure de différencier un besoin réel d’une simple envie.

Alors que les besoins humains sont clairement établis (cf pyramide de Maslow), leur satisfaction peut être atteinte de plusieurs façons. La plus écologique de celles-ci est celle qui consiste à rester dans le respect de soi et non de succomber aux envies que l’environnement nous fait miroiter comme la panacée, comme un besoin essentiel.

En effet, nos environnements quotidiens créent artificiellement une grande partie de nos envies. Ils nous laissent croire que nous sommes maîtres de celles-ci et usent parfois de stratagèmes qui parlent à nos émotions. Alors nous nous adaptons. Nous nous conformons, toujours un peu plus, à ce qui est attendu de nous dans l’intention de satisfaire ces envies sans tenir compte de nos besoins réels profonds voire même en bafouant certains.  En tombant dans le piège de ces envies– bien souvent besoins créées de toutes pièces -, nous sommes alors pilotés de l’extérieur, nous perdons le contrôle. Nous ne faisons plus ce qui est bon pour nous mais ce qui est bon pour cet environnement qui nous sollicite toujours davantage. Nous entrons alors dans le piège de la suradaptation. C’est alors que notre bien-être est impacté.

Qu’est-ce que la suradaptation ?

C’est le fait de tenter de s’adapter de façon permanente et toujours un peu plus à toutes les demandes, à toutes les circonstances, à toutes les injonctions dans l’espoir d’atteindre un niveau de satisfaction optimale. Or celle-ci n’est jamais atteinte et un phénomène d’essoufflement apparaît. Les personnes touchées par ce syndrome ont le sentiment qu’elles ne savent pas s’adapter; que le problème vient d’elles. C’est totalement faux ! Au contraire, ces personnes sont atteintes du syndrome d’adaptation à tout prix. Au prétexte d’une quête d’un idéal créé de toutes pièces, les personnes en suradaptation n’agissent plus dans le respect de leur vraie nature et de leurs besoins véritables. Ceci provoque un déséquilibre dans leur être. Ce déséquilibre s’exprime au travers d’une perte d’énergie, d’une démotivation, d’une perte de sens, d’un stress récurrent, voire même d’une angoisse liée à l’inadéquation de la vie vécue au regard de leurs besoins profonds

Finalement, le problème ne tient pas à la capacité de la personne à s’adapter mais tient à l’environnement dans lequel elle évolue.  C’est l’environnement qui est « malade » mais c’est alors le bien-être de la personne qui est touché.

Comment sortir de la suradaptation ?

La solution à la sortie de ce comportement ne réside pas dans une approche d’apprentissage de la gestion du stress car il s’agirait là de proposer de continuer à se suradapter autrement! 😉

La bonne approche consiste à :

* tout d’abord être au clair avec ses besoins réels profonds et différencier l’essentiel du non essentiel. A certains moments de la vie, les besoins à satisfaire peuvent être d’une nature puis d’une autre selon les circonstances. Un besoin peut être satisfait à un moment donné puis ne plus l’être pour une raison ou une autre. Il redevient alors un besoin essentiel à combler,

* faire des choses qui comptent pour soi,

* reprendre son pouvoir de décision sur ce que l’on veut vraiment, ce qui fait sens, ce qui nous motive et nous donne l’énergie et d’agir en ce sens. En clair, être fidèle à soi-même,

* occuper pleinement sa place au cœur de son propre échiquier pour ne pas être un pion dans l’échiquier d’un autre en redéfinissant ses priorités,

* analyser ses environnements et y faire « le nettoyage » nécessaire le cas échéant, voire d’en changer si ceux-ci sont trop toxiques,

* sortir de la quête de perfection,…

En conclusion, un conseil de lecture bien-être

Je vous conseille vivement la lecture de « Le Principe du Petit Pingouin » de Denis Doucet aux éditions Marabout.

Ce livre commence par une courte fable : l’histoire de Little Boy, le petit pingouin heureux qui n’a qu’une envie, celle de toujours bien faire. Ceci n’est pas pour déplaire à Big Mouth, l’énorme phoque à capuchon, qui va le détourner de sa banquise en lui faisant miroiter un plus grand bonheur à condition qu’il suive ses directives. Little Boy, très volontaire, va donc s’adapter quotidiennement un peu plus aux demandes de Big Mouth. Mais les besoins de Big Mouth ne sont pas ceux de Little Boy qui l’apprend aux dépens de son bien-être…

A partir de cette fable, Denis Doucet explicite le phénomène de suradaptation et ses conséquences sur le bien-être. Au-delà de la compréhension et de la prise de conscience, il propose de nombreuses pistes pour en sortir. L’idée principale est de revenir à l’essentiel à savoir la satisfaction de nos besoins profonds sans tomber dans le piège du toujours et encore plus, toujours et encore mieux….

Evoquant les travers de nos environnements et de nos comportements dans ceux-ci, il nous invite à nous remettre au centre de notre échiquier et de nos propres décisions.

Pour renouer avec le bien-être, changeons d’approche et de comportement. 😉 Renouons avec nos besoins, exprimons nos valeurs par l’action, occupons pleinement notre place et jugeons par nous-mêmes de ce qui est bon pour nous. 🙂

Perfectionnisme et perfection : la coûteuse quête de l’absolu – Novembre 2020

Perfectionnisme, perfectionniste et perfection. Quelle est la définition de ces trois termes de notre vocabulaire quotidien et quels en sont les attributs ? Le dictionnaire est notre meilleur ami  🙂

Selon le Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales :

Le perfectionnisme est une « inclination, propension, parfois excessive, à rechercher la perfection ».

Quant au perfectionniste, c’est une « personne qui fait preuve de perfectionnisme, qui apporte un soin méticuleux, voire obsessionnel, à tout ce qu’elle fait ».

Et pour finir avec les définitions, la perfection est notamment une «qualité, état de ce qui ne présente aucun défaut ».

La perfection : une notion subjective et partiale

En toutes choses, la perfection s’évalue sur la base de critères établis qui peuvent par ailleurs évoluer dans le temps comme en témoigne, par exemple, la notion de beauté féminine au travers des siècles.

Derrière le terme de perfection se cache donc toujours une notion de référentiel.  Ainsi, si le produit qui sort du moule est à l’image même du moule d’origine, qu’il ne présente aucune aspérité, aucun défaut, qu’il répond aux normes fixées, alors on pourra juger que ce produit relève de la « perfection ».  Qu’en est-il du produit qui présente un léger défaut ? Est-il bon à jeter au prétexte qu’il n’est pas conforme aux attentes ? Ce défaut ne pourrait-il pas rendre ce produit « parfait » dans un autre cadre, pour une autre utilisation ? En vérité, tout est-il aussi absolu?  😉

Quant à la perfection humaine

Concernant la « perfection » humaine, comment pourrions-nous établir quelque référentiel que ce soit qui permettrait d’en juger ? En effet, comment pourrions-nous déterminer qu’un être humain est « parfait » alors que chaque être humain exprime des spécificités sur le plan psychologique, émotionnel voire physique.

En la matière, il n’y a pas de mètre étalon à la perfection humaine ! 😉

Ainsi, si quelqu’un me demandait ce qui, selon moi, définirait la perfection humaine, il y a fort à parier qu’une autre personne interrogée sur la même question répondrait de façon totalement différente. Ce que nous estimons parfait, les uns les autres, est donc fonction de critères de référence qui font sens pour nous, individuellement, mais qui varient selon chacun d’entre nous en fonction de nos valeurs, de nos représentations, de nos croyances, de nos présuppositions, des messages que nous avons intégrés et que nous continuons d’intégrer quotidiennement, …en conclusion de jugements personnels.

Les conséquences de cette vaine recherche perfectionnisme

Dans certaines problématiques que certains rencontrent dans leur vie quotidienne, le désir individuel d’être parfait est très souvent source de leurs maux.

En effet, sur la base de critères qui lui sont propres, le perfectionniste définit comment il devrait être, se comporter, agir et il se juge à l’aune de ses résultats vis-à-vis de ses projections qu’il se fait de lui-même. Cela le mène à se fixer des objectifs parfois déraisonnables voire inatteignables et dès lors qu’il ne parvient pas à les atteindre, il se juge négativement et se reproche de ne pas être parfait. Poussée à l’extrême, cette quête de perfection individuelle le tétanise, le fragilise, l’empêche parfois d’agir, et même d’exprimer qui il est vraiment.  Au delà de cela, dans sa quête de perfection, il compare ce qu’il fait et/ou ce qu’il est à ce qu’il attend de lui-même et cela blesse son estime de lui-même lorsque les résultats ne sont pas ceux qu’il escompte.

Sur le sujet de l’estime de soi, il est important de comprendre que ce que nous pensons de nous-mêmes influe sur les émotions que nous éprouvons qui influent à leur tour sur notre aptitude à agir. Inversement ce que nous faisons, ou pas, déclenche en nous une émotion qui génère elle-même une pensée sur nous-mêmes. Positifs, ces schémas nous renforcent – cercles vertueux – mais négatifs ceux-ci nous bloquent – cercles vicieux.

Quant au regard des autres…

La situation est la même lorsque nous avons peur du jugement d’autrui qui pourrait estimer que nous ne sommes pas parfaits. Là encore, la perfection « attendue » par l’autre – en réalité ou pire par projection personnelle de ce que pense l’autre – est fonction de ses propres critères de référence, de ses propres prismes. Or nous n’avons aucun pouvoir sur ceux-ci. Alors concentrons-nous sur ce sur quoi nous avons le pouvoir d’agir et dégageons-nous du poids du regard d’autrui.  🙂

Pour en sortir… perfectionnisme

Comment donc sortir des schémas qui impactent l’estime de soi liés à cette quête de perfection ?

Pour cela, il convient de changer le rapport à soi-même : être bienveillant et être son premier supporter !, se connaître et être honnête avec soi-même, faire taire son critique intérieur et aller rencontrer le sage qui est en chacun de nous et enfin accepter l’idée de l’échec qui n’est jamais qu’un résultat non conforme qui nous permet de progresser, se sentir compétent, se respecter et écouter ses besoins, vivre en accord avec ses valeurs, avoir conscience de sa valeur et aussi être conscient que l’on peut toujours progresser.

En conclusion, conseil de lecture perfectionnisme

La recherche de la perfection qui s’exprime au travers d’un comportement perfectionniste est donc très souvent une importante source de stress et d’épuisement car, dans cette quête, il n’y a que deux options : la réussite ou l’échec.

Or la réalité quotidienne n’est pas si simple en termes de résultat et il est donc bon d’opter pour davantage de souplesse dans nos comportements.

C’est ce que développe Tal Ben-Shahar dans son ouvrage « L’apprentissage de l’imperfection ». Dans celui-ci, il oppose deux comportements différents face à la volonté de bien faire, de toujours bien agir : le comportement « perfectionniste » stressant (« toujours le mieux ») et le comportement « optimaliste » plus rassurant, positif, adaptatif et sain (« de mon mieux »). « Il plaide pour un apprentissage de l’imperfection au travers duquel pour vivre heureux, il faut accepter de vivre imparfait. »(préface de Christophe André)

Au travers de la comparaison et d’exercices pratiques sur les deux comportements, Tal Ben-Shahar analyse la façon de chacun : d’accepter et vivre l’échec mais aussi le succès, accepter et vivre ses émotions, accepter la réalité…

En retenant les aspects positifs de l’optimalisme, l’auteur développe son application aux domaines de l’éducation, du travail, des relations.

Enfin, il nous invite à méditer sur différents aspects et à nous tourner vers une plus grande acceptation de ce que nous sommes et de ce qu’est la vie.

Ce livre nous invite à un changement de paradigme.

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