Afin de poursuivre sur le thème de l’auto-bienveillance, je vous propose, maintenant, d’évoquer la relation à soi-même ; relation qui n’est pas toujours des plus « tendres ». Aussi sera-t-il question d’apaiser la relation à soi.
En effet, il arrive parfois que nous développions, inconsciemment, des mécanismes de rigidité intérieure qui peuvent nous brider voire nous fragiliser et ce, malgré nous.
Parmi ces mécanismes, il y a notamment celui qui consiste à ajuster ses pensées, ses comportements ou ses actions uniquement en fonction du regard d’autrui. Agir ainsi consiste à aller chercher une validation de soi-même extérieure et ce souvent par peur du jugement ou par besoin de se sentir reconnu et accepté. Malheureusement, cette recherche de validation à tout prix, peut finir par rendre dépendant de l’approbation extérieure incontrôlable et inhiber le déploiement du potentiel individuel. Ce qui est dommage…
Aussi est-il nécessaire d’apprendre à se reconnaître et à s’accepter, même et surtout, dans ses imperfections et ses vulnérabilités. Le principe est de développer une relation à soi plus douce et plus compréhensive sans toutefois tomber dans la complaisance.
Ainsi, je vous propose, au travers de cet article, d’explorer les solutions pour développer un appui intérieur plus solide. Un appui qui sera moins soumis aux fluctuations du regard et du jugement et plus enraciné dans une relation apaisée avec soi-même.
Dans cet objectif, commençons par évoquer une facette de nous-même parfois peu bienveillante à notre égard si nous lui accordons trop d’espace.
Le potentiel coût émotionnel d’une sur-écoute de notre critique intérieur apaiser la relation à soi
Parmi les nombreuses facettes dont nous sommes porteurs, il y a une facette « critique », celle que j’appelle « le diablotin intérieur ».
Cette facette facétieuse s’exprime au travers d’une petite voix intérieure souvent exigeante.
Une petite voix parfois discordante qui :
- juge,
- compare,
- reproche,
- souligne tout ce qu’elle juge insuffisant,
- anticipe l’échec
- critique insidieusement.
Bien sûr, certains sont plus sensibles que d’autres à la mélodie de cette petite voix intérieure. Certains sont aussi plus « généreux » dans l’espace qu’ils lui octroient dans leur vie.
La difficulté est que, sous couvert de sembler encourager à faire mieux, elle pousse parfois son auditeur attentionné à développer un comportement perfectionniste qui épuise et tétanise même, de temps à autre.
Au-delà des éventuels blocages instantanés qu’elle peut susciter, si cette voix trouve trop d’écho, elle a également des impacts à long terme.
En effet, il se peut qu’elle :
- fragilise l’estime de soi,
- ouvre un espace à l’anxiété et/ou au stress,
- installe une pression permanente autour du besoin constant de prouver sa valeur.
Et dans ces conditions, le coût émotionnel lié au fait de laisser trop de place à l’expression de cette petite voix intérieure devient alors évident.
Alors quelle est la juste mesure au regard de cette facette de nous-mêmes ?
Faut-il la faire taire totalement ou faut-il plutôt lui fixer des limites ?
Comme chacune de nos facettes constitutives, celle-ci a joué un rôle important dans notre développement.
Elle nous a permis :
- de nous construire,
- d’apprendre à nous protéger
- de progresser.
Il est donc important de la voir comme une alliée sous ses aspects positifs.
En revanche, il est fondamental de savoir négocier avec elle lorsqu’elle devient trop intransigeante dans notre vie quotidienne. Comme en toute chose, la mesure est importante. Alors, en tant qu’adultes, sans chercher à la faire taire, choisissons de mettre des limites raisonnables à ce que nous acceptons de retenir de ce qu’elle exprime afin de relâcher la pression intérieure.
Après avoir pacifié notre relation à cette facette de nous-mêmes, j’évoquerai maintenant une autre source de pression intérieure : celle du contrôle. Le contrôle : cette attitude qui consiste à tout verrouiller pour se protéger.
Le contrôle comme stratégie de protection
Je le constate fréquemment, le besoin de contrôle (en toutes situations et en toutes circonstances) est très répandu. apaiser la relation à soi
Pourquoi ? Parce qu’il est une façon de se rassurer face à l’incertitude.
Comment s’exprime ce contrôle vis-à-vis de soi ?
Selon les cas, il passe souvent par :
- une anticipation permanente de tout ce qui pourrait advenir
- une organisation rigide et prévue dans le moindre détail
- un besoin de tout faire soi-même
- un besoin de vérifier maintes et maintes fois une chose que l’on a faite (ex : un mail que l’on vient d’écrire, un dossier que l’on a constitué…)
- une intolérance à l’erreur
- une détestation de l’imprévu
- …
Mais le problème n’est pas le contrôle en lui-même. Ne dit-on pas d’ailleurs « la confiance n’exclut pas le contrôle » ?
Le problème est plutôt celui de l’impact que le contrôle peut avoir en termes de pression intérieure et aussi de rigidité vis-à-vis de soi (mais aussi des autres) lorsque celui-ci devient excessif. Car si à court terme, la stratégie de contrôle semble apporter un soulagement, les impacts à long terme du comportement auto-contrôlant à outrance sont l’épuisement et les tensions physiques, l’épuisement mental et la crispation.
Aussi, pour mettre davantage de bienveillance dans le rapport à soi, je préconise de lâcher prise sur le contrôle excessif.
Il n’est bien sûr nullement question de devenir passif mais plutôt d’accepter que certaines choses nous échappent considérant que cela ne remet pas en cause notre valeur intrinsèque.
Et je vous invite à passer à l’action en répondant pour vous-même à ces quatre questions :
- Y a-t-il des activités de votre quotidien dans lesquels vous mettez de la sur-qualité ?
- Que cela vous apporte-t-il vraiment ?
- Quel cela vous coûte-t-il vraiment ? NB : la réponse rien n’est pas proposée 😉
- Sur quelle petite chose acceptez-vous de lâcher prise ?
Explorons maintenant une troisième solution pour davantage d’auto-bienveillance en évoquant le rapport à l’erreur et à l’échec.
Apprendre de ses erreurs et de ses échecs comme de ses réussites
Nombreux sont ceux qui le savent, et vous en faites très probablement partie, l’erreur et l’échec sont souvent interprétés comme des preuves d’insuffisance individuelle.
Et pourtant, les erreurs et les échecs ne doivent être considérés que comme de l’information, tout comme les réussites.apaiser la relation à soi
Je dis souvent que la réussite et l’échec ne sont que les deux faces d’une seule et même pièce. Dans les deux cas, ils sont un résultat à un instant t.
Ainsi, les légendes disent que Monsieur Edison aurait créé 10 000 non-ampoules avant de créer l’ampoule. Si tel est le cas et qu’il avait décidé de s’arrêter aux non-ampoules et de figer sa propre valeur à ces résultats alors… bingo : nous n’aurions pas d’ampoules !
Donc, au lieu de décider de juger de sa valeur négativement à l’aune de ce qui n’a pas fonctionné, pour plus de bienveillance à l’égard de soi, choisissons plutôt d’apprendre des résultats que nous obtenons. Car juger nous enferme alors qu’apprendre ouvre de nouvelles opportunités.
Finalement, accepter son droit à l’erreur, c’est reconnaître que l’expérience humaine est faite d’essais, d’apprentissages, d’ajustements et de réorientations.
Alors je propose, suite à un échec ou à une erreur, de déplacer la question de « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » vers « Qu’est-ce que cette situation m’apprend ? »
Car ce changement subtil transforme la relation à soi.
Il s’agit alors de passer d’un « implacable tribunal intérieur» à un espace d’évolution et d’ouverture du champ des possibles.
Evoquons enfin une quatrième solution pour apporter davantage de bienveillance envers soi. Celle-ci consiste à faire évoluer la façon de se parler à soi-même.
Se parler comme à un proche apaiser la relation à soi
La façon dont nous nous parlons à nous-mêmes façonne profondément notre sécurité intérieure et notre relation à nous-même. J’ajouterais même qu’elle a un impact sur la façon dont un tiers pourrait nous parler – mais c’est un autre sujet.
Je vous invite un instant à vous imaginer parler à un proche comme vous vous parlez peut-être parfois à vous-même dans les moments difficiles.
Et dites-moi en toute honnêteté : le ton serait-il exactement le même ?
Je vous l’assure, développer une relation plus apaisée avec soi commence souvent par le fait d’adoucir le dialogue intérieur. Nous savons fort bien lorsque nous nous sommes trompés, lorsque nous avons commis une bévue, lorsque nous n’avons pas nécessairement bien agi et tant d’autres choses encore. Est-il vraiment efficace de se flageller ou vaut-il mieux regarder en face et se dire qu’on fera mieux la prochaine fois ou bien reconnaître que les choses sont difficiles en ce moment ou encore s’autoriser à avancer à son rythme… N’est-ce pas le type de choses que vous pourriez communiquer à un proche qui rencontre une difficulté ?
Si vous répondez « oui, c’est ce que je pourrais dire » alors pourquoi ne pas vous le dire à vous-même lorsque cela est nécessaire ?
Soyez-en convaincu, se parler comme on parlerait en toute bienveillance à un proche crée un climat intérieur serein favorable au changement et à la progression.
Ainsi…
Pour apaiser la relation à soi, il me paraît important d’avancer en apprenant à nuancer les comportements, les attitudes et les pensées que l’on peut parfois avoir à l’égard de soi-même. Cela passe par le fait de trouver un équilibre intérieur entre les différences facettes que nous portons en nous, d’accepter d’ajouter de la souplesse dans certaines de nos exigences, d’adoucir notre dialogue intérieur et de nous autoriser à apprendre en toutes circonstances.

