Se reconnecter à soi est le premier sujet que je choisis de développer au cours du mois de février autour du thème de la bienveillance envers soi-même.
Dans notre quotidien rythmé par les obligations, les attentes, les résultats et la performance, beaucoup ont appris — parfois très tôt et souvent malgré eux — à « se couper » de leur riche monde intérieur.
Or, dans des environnements marqués par l’incertitude, il me paraît indispensable de se remettre en lien avec ce que nous portons en nous. Cette richesse intérieure qui jamais ne nous trahit dès lors que nous la considérons comme notre alliée.
C’est la raison pour laquelle je vous propose cet article dont la principale intention est de vous inviter à rétablir un lien doux et sécurisant avec vous-même, avec vos émotions, vos besoins et aussi vos « incontournables » car ceux-ci sont des repères essentiels.
En toutes circonstances, savoir se reconnecter à soi n’est ni un luxe ni un repli sur soi. C’est plutôt une condition fondamentale pour se respecter, s’ajuster et avancer en accord avec soi-même et de manière plus juste.
Pourquoi avons-nous appris à ne plus nous écouter ?
Force est de constater que le fait de ne pas s’écouter est rarement un choix conscient mais plutôt une stratégie d’adaptation voire de sur-adaptation.
Ainsi, beaucoup d’entre nous ont-ils appris à mettre de côté leurs ressentis, que ce soit pour :
- répondre aux attentes extérieures de tous ordres,
- rester forts dans des contextes exigeants,
- éviter le conflit, la déception ou encore le rejet,
- continuer à avancer malgré des émotions difficiles…
Si, à court terme, cette mise à distance des ressentis peut procurer une illusion de protection, les impacts à long terme sont nettement moins favorables au bien-être de chacun. En effet, cette coupure finit par provoquer comme une discordance intérieure ; discordance qui s’exprime au travers d’une fatigue émotionnelle, de manifestations somatiques, d’une perte de repères et surtout d’une impression de ne plus savoir ce qui est juste pour soi.
Ca vous parle ?
Si tel est le cas, peut-être est-il temps de vous reconnecter à vous-même afin de trouver une meilleure façon de vous protéger, sans écarter votre richesse intérieure.
Comment ?
En accusant réception des messages envoyés par votre corps, c’est-à-dire en acceptant de les ressentir, de découvrir leur intention positive – il y en a toujours une – puis d’apporter les changements nécessaires.
Ressentir ou analyser : une différence essentielle
Je le constate régulièrement, nombreux sont ceux qui pensent s’écouter alors qu’en réalité ils ne font que s’analyser. Or il existe de vraies différences entre ces deux façons d’agir.
En effet :
- Analyser, c’est chercher à comprendre, expliquer, rationaliser.
- Ressentir, c’est observer ce qui s’exprime dans le corps et au travers des émotions, sans chercher à corriger ou interpréter.
Certes, l’analyse peut avoir sa place. Mais lorsqu’elle occupe tout l’espace, elle peut alors devenir une manière subtile d’éviter le ressenti ; vous savez, ces choses qui « chatouillent » parfois à l’intérieur de façon plus ou moins agréable et qui ont pourtant un message à délivrer…
Alors quelle est la bonne attitude ? Se reconnecter à soi
La bonne attitude est toujours marquée par le respect de soi, ce qui passe notamment par l’écoute de soi-même, de ses émotions, en toute bienveillance mais sans complaisance.
Et s’écouter avec bienveillance, c’est parfois simplement être en mesure de dire :
« Là, je ressens de la tristesse / de la tension / de la peur/ de la colère / de la joie… et j’accepte cela. Ce que je vis maintenant, c’est ce que j’ai besoin de vivre. »
Cette écoute simple et non intrusive est souvent profondément apaisante.
Le rôle essentiel des émotions comme messagers
Dans nos sociétés, le domaine des émotions est gouverné par des normes qui définissent ce qui est socialement acceptable. Et contrairement à certaines croyances relativement répandues, les émotions ne sont pas des faiblesses.
Au contraire, je les considère comme nos alliées car, comme je l’ai dit précédemment, elles sont toujours porteuses d’une intention positive à notre égard. En effet, quelle que soit l’émotion vécue, celle-ci nous adresse un message concernant :
- un besoin non reconnu,
- une limite dépassée,
- une valeur touchée,
- un ajustement nécessaire.
J’explique fréquemment aux personnes que j’accompagne que les émotions ne sont pas problématiques en tant que telles. Ce qui pose problème, c’est leur intensité ; par exemple quand la colère non écoutée depuis trop longtemps se transforme en rage. Et c’est ce qui peut se produire lorsque les émotions sont ignorées.
Mettre au fond de sa poche l’émotion qui gronde n’est jamais la bonne solution à moyen et long terme. En effet, une émotion trop longtemps refoulée tend à s’amplifier et à s’exprimer à un moment souvent inopportun et de façon incontrôlée. Elle peut aussi se manifester autrement (fatigue, irritabilité, sensation de trop plein, somatisations en tous genres).
Aussi est-il important de prendre le temps de comprendre ce qui nous traverse parfois et de l’accueillir simplement. Et cela s’apprend ! L’idée n’est pas de s’y noyer mais plutôt d’ajouter de l’ouverture émotionnelle dans notre vécu, ce qui enrichit notre relation à nous-même et également aux autres.
Ayez en tête qu’une émotion reconnue circule tandis qu’une émotion ignorée s’installe pour mieux s’exprimer le moment venu. Et ce moment est rarement choisi…
Cultiver l’ouverture émotionnelle pour mieux se connaître
Cultiver l’ouverture émotionnelle, c’est se mettre à l’écoute de la richesse de son vécu intérieur. Loin de l’idée de tomber dans le « sentimentalisme » ou dans la perte de contrôle de soi, comme certains pourraient le craindre, cela permet de créer un espace de contact authentique avec soi.
En effet, s’ouvrir à son vécu émotionnel permet de prendre conscience avec lucidité et bienveillance des éléments qui représentent ce qui est important au plus profond de chacun.
Il ne s’agit pas de renoncer à sa « solidité » intérieure, mais de cesser de se durcir pour continuer à avancer dans le plein respect de soi-même.
Ainsi, dans cette ouverture, quelque chose s’apaise : la possible tension interne diminue et la relation à soi gagne en fluidité et en authenticité.
Pour conclure…
Nous l’avons vu, se reconnecter à soi en toute authenticité passe donc par quelques attentions simples mais profondes :
- Identifier ses besoins même lorsque ceux-ci semblent flous ou inhabituels,
- Écouter ses ressentis sans jugement et avec bienveillance,
- Accueillir ses émotions comme des messagers légitimes,
- Cultiver l’ouverture émotionnelle pour se reconnecter à une part précieuse de soi.
Finalement, suivre ces pistes, c’est se porter la même attention que celle que l’on offrirait à quelqu’un qui compte vraiment.

